PISA 2025 & rentrée 2026-2027 : ce que les parents doivent savoir

Rentrée 2026-2027 : ce que les résultats PISA nous disent, ce que le ministère décide, et ce que vous devez faire pour votre enfant

 

  Deux documents ont marqué 2026 pour l’école française. D’un côté, les résultats de l’enquête internationale PISA 2025, publiés par l’OCDE, qui confirment une baisse inédite des acquis en mathématiques. De l’autre, la circulaire de rentrée pour l’année scolaire 2026-2027, publiée au Bulletin officiel du 7 mai 2026, qui remet le raisonnement scientifique au cœur de l’école. Les deux ne parlent pas de la même chose par hasard. Voici ce que cela veut dire pour votre enfant — et ce que vous devez mettre en place dès maintenant.

Une rentrée placée sous le signe de l’instruction et de la protection

 

  Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, l’écrit clairement dans la circulaire publiée au B.O. du 7 mai 2026 : la rentrée 2026 ne sera pas celle de nouvelles réformes structurelles. Elle sera celle de la consolidation des réformes engagées. Pour beaucoup de familles que nous accompagnons, c’est un soulagement. Depuis 2019, les changements se sont enchaînés à un rythme tel que les élèves comme les parents ont eu du mal à suivre : nouveau Bac, spécialités, Grand Oral, réforme du Brevet, épreuve anticipée de mathématiques en Première… Chaque année, une nouveauté.

Cette année, on respire. Deux missions sont placées au cœur de l’année scolaire : instruire et protéger. Et derrière ces deux mots, il y a des priorités pédagogiques très concrètes — que les résultats PISA rendent d’autant plus urgentes.

PISA 2025 : le diagnostic qui explique la circulaire

Pour comprendre pourquoi le ministère insiste tant sur les fondamentaux, il faut regarder les chiffres publiés par l’OCDE en début 2026. En 2025, plus de 760 000 élèves de 15 ans, dans 91 pays et économies, ont passé l’enquête PISA — l’évaluation internationale de référence sur les acquis scolaires. Les résultats sont sans appel, et ils concernent directement les élèves français.

 

 

⚠️ Les chiffres à retenir de PISA 2025 (source : OCDE, Résultats du PISA 2025 — Volume I)

Mathématiques : dans les pays de l’OCDE, le score moyen a chuté de 22 points entre 2015 et 2025 — soit l’équivalent d’un peu plus d’une année d’apprentissage perdue.

Compréhension de l’écrit : chute de 28 points sur la même période — la baisse la plus marquée.

20 % des élèves de 15 ans dans l’OCDE n’atteignent plus le niveau de base dans les trois domaines évalués — contre 16 % en 2022.

Les élèves les moins performants sont ceux qui reculent le plus : -32 points en mathématiques en 10 ans, contre -23 points pour les meilleurs.

Les résultats 2025 sont les plus faibles jamais enregistrés depuis la création de PISA, tous domaines confondus.

 

Ce que dit ce diagnostic est très concret : l’élève moyen de 15 ans en 2025 a, en mathématiques, à peu près une année d’acquis en moins que l’élève moyen de 15 ans en 2015. Et ce n’est pas seulement l’effet de la pandémie. La chute a été particulièrement brutale entre 2018 et 2025, alors que les scores étaient restés stables depuis 2003. Quelque chose s’est cassé.

La France, dans ce paysage, se distingue notamment par un chiffre qui doit interpeller les parents : seulement 27,1 % des élèves français sont scolarisés dans un établissement où le téléphone portable est interdit, contre 49,5 % en moyenne dans l’OCDE. Autrement dit, la moitié des élèves français côtoient un téléphone allumé pendant leurs cours. Les données PISA sont claires : dans les établissements où le téléphone est encadré, les élèves se disent moins distraits — et obtiennent de meilleurs résultats.

Autre donnée majeure : en moyenne dans l’OCDE, plus d’un élève sur quatre affirme que ses camarades sont distraits par des appareils numériques pendant la plupart ou la totalité des cours de sciences. Comment voulez-vous apprendre un raisonnement complexe dans ces conditions ?

L’enquête PISA le dit aussi clairement : une utilisation modérée du numérique à des fins pédagogiques améliore les résultats ; mais l’usage récréatif du numérique pendant les cours est associé à des résultats nettement inférieurs. Le smartphone n’est pas neutre.

Enfin, il faut savoir que d’autres pays réussissent. La Türkiye a gagné près de 70 points en sciences en dix ans — l’équivalent de plus de trois années d’apprentissage. Le Royaume-Uni, la Corée, le Japon, Singapour, l’Estonie figurent depuis des années dans le peloton de tête. Le déclin des résultats n’est pas une fatalité. C’est une question de choix — collectifs, mais aussi individuels.

Le raisonnement scientifique :

la deuxième priorité absolue de la circulaire

 

C’est exactement ce diagnostic PISA que la circulaire de rentrée 2026-2027 vient traduire en priorités concrètes. Après la maîtrise du langage et de la lecture (premier objectif pédagogique annoncé dès la maternelle), c’est le raisonnement scientifique qui est désigné comme la deuxième priorité de l’École française.

Le ministère définit la démarche scientifique en cinq étapes : observer, émettre des hypothèses, faire une expérience, analyser les résultats, en tirer des conclusions objectives et rationnelles. Dans le premier degré, l’accent est mis sur l’acquisition des automatismes en mathématiques et la résolution de problèmes. Cette priorité se prolonge ensuite tout au long de la scolarité.

Si vous nous suivez depuis longtemps, vous reconnaîtrez immédiatement notre vocabulaire. Chez Sciences Pro, depuis vingt ans, nous répétons exactement la même chose à nos élèves :

  • D’abord la définition, apprise mot à mot, comprise dans chaque détail.
  • Ensuite les automatismes : calcul mental, manipulation des fractions, des puissances, des pourcentages, des équations de base.
  • Puis le raisonnement : déduction, contraposée, raisonnement par l’absurde, par récurrence.
  • Enfin la rédaction : communiquer son résultat avec rigueur, en respectant les notations conventionnelles.

Ce que le ministère demande à l’école aujourd’hui, à la lumière de PISA, c’est ce que les vrais professeurs particuliers font depuis toujours. Le ministre vient simplement de le rappeler officiellement.

Ce que cela change concrètement pour votre enfant

Voici ce que vous devez retenir, classé par niveau :

Niveau

Ce qui est renforcé en 2026-2027

École primaire

Automatismes mathématiques, résolution de problèmes, démarche scientifique dès le cycle 2

Collège (6ème → 3ème)

Continuité avec le primaire, exigence sur le raisonnement et la rédaction, nouveau Brevet en juin 2026

Lycée — Seconde

Choix de spécialités, accent sur la consolidation des bases avant la Première

Lycée — Première

Épreuve anticipée de maths en juin pour TOUS les élèves (sans calculatrice)

Lycée — Terminale

Spécialités à coefficient 16, Grand Oral, Maths Expertes en option

Sources : Bulletin officiel du 7 mai 2026 — Circulaire de rentrée 2026-2027 (education.gouv.fr) ; OCDE, Résultats du PISA 2025 — Volume I (février 2026).

La fin du téléphone portable au lycée : une priorité « protection » validée par PISA

L’autre grande nouveauté à intégrer, c’est que le téléphone portable sera désormais interdit au lycée, et plus seulement au collège. Le débat parlementaire en cours pourrait également aboutir à l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans.

Cette décision n’est pas dogmatique. Elle s’appuie sur des données. PISA 2025 le confirme sans ambiguïté : dans les pays qui ont mis en place des politiques claires d’interdiction ou d’encadrement strict des téléphones portables à l’école, les élèves se déclarent moins distraits — et obtiennent de meilleurs résultats. La France, avec seulement 27,1 % d’élèves dans un cadre d’interdiction, était en retard par rapport à la moyenne OCDE (49,5 %). La rentrée 2026 corrige cela.

Pour la première fois, comme l’écrit le ministre, des élèves devraient pouvoir effectuer une scolarité complète sans téléphone. Beaucoup de parents nous demandent leur avis. Voici notre réponse, en tant que professeurs : c’est une excellente décision. Aucune méthode de travail efficace ne se construit avec un téléphone à portée de main. Aucune. La concentration, le calcul mental, la mémoire, la lecture profonde — tout ce que l’école doit transmettre — sont incompatibles avec une notification toutes les trois minutes.

Si votre enfant travaille à la maison, prenez l’habitude dès aujourd’hui de poser le téléphone dans une autre pièce pendant les séances de travail. Pas en mode silencieux. Dans une autre pièce.

Mon conseil : ce que vous devez faire dès aujourd’hui

J’accompagne des élèves depuis plus de vingt ans, et je vois chaque rentrée les mêmes situations se répéter. À la lumière du diagnostic PISA et des nouvelles priorités ministérielles, voici ce que vous devez mettre en place dès maintenant :

  • Premier conseil — Reprendre les bases du calcul. Sans calculatrice. Tous les jours, dix minutes. Multiplications posées, divisions, fractions, pourcentages. C’est exactement là où PISA mesure une perte d’une année d’apprentissage. C’est aussi la fondation de tout le reste.
  • Deuxième conseil — Apprendre les définitions par cœur, mot à mot. Une définition mal apprise, c’est un raisonnement faux à venir. Pas de raccourci possible.
  • Troisième conseil — Faire des exercices, pas seulement relire le cours. En sciences, on ne progresse qu’en faisant — pas en lisant passivement, et encore moins en regardant une vidéo au ralenti.
  • Quatrième conseil — Rédiger ses réponses comme dans un devoir. Notations correctes, étapes complètes, conclusion explicite. Toujours.
  • Cinquième conseil — Poser des questions. À son professeur, à un camarade, à un tuteur. Ne jamais rester seul face à une notion qui résiste.
  • Sixième conseil — Éloigner physiquement le téléphone pendant les séances de travail. Pas en silencieux, pas retourné : dans une autre pièce. C’est la contribution que vous, parent, pouvez apporter chez vous, en cohérence avec ce que fait désormais l’école.

 

Ligne de Départ — Le stage de remise à niveau en mathématiques

Conçu exactement pour répondre à cette nouvelle priorité ministérielle : automatismes, calcul sans calculatrice, fractions, équations, raisonnement. Idéal pour la Première (épreuve anticipée), pour la Seconde (préparer les spécialités) ou pour le collège (consolider avant le Brevet). C’est précisément ce que PISA identifie comme la compétence à reconquérir.

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Et pour les parents ?

Si vous lisez cet article, vous avez déjà fait la moitié du chemin : vous vous tenez informés. Mais beaucoup de parents nous disent : « Je voudrais l’aider, mais je n’ai plus le niveau » ou « Je ne sais pas comment vérifier ce qu’il a vraiment compris ». C’est normal.

En revanche, vous avez un rôle décisif : celui de garant du cadre. Un horaire de travail régulier. Un espace calme. Pas d’écran pendant les séances. Des questions simples le soir : « Qu’est-ce que tu as appris aujourd’hui ? », « Explique-moi cette définition ». Si l’enfant ne sait pas reformuler sans son cahier, c’est que la notion n’est pas acquise. Là, il faut agir.

Et si les difficultés s’installent, n’attendez pas. Les lacunes en mathématiques s’accumulent — c’est mécanique, et PISA le montre à l’échelle de tout un pays. Une notion mal comprise en quatrième devient un obstacle en seconde, puis un mur en première. Mieux vaut de l'accompagnement aujourd’hui qu’un trimestre de panique demain.

 

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Pour aller plus loin

Sur notre chaîne YouTube @SciencesPro, vous trouverez des vidéos qui reprennent en détail ces grands thèmes : comment travailler sans calculatrice, comment apprendre une définition, comment rédiger un raisonnement mathématique correctement. Tout y est gratuit. Tout y est pensé pour que l’élève reparte avec une méthode claire.

En conclusion

Les résultats PISA 2025 sont un signal d’alarme, pas une condamnation. Certains pays vont à contre-courant et progressent — la Türkiye, le Royaume-Uni, la Corée, l’Estonie. La circulaire de rentrée 2026-2027 remet en France les fondamentaux au premier plan. Le raisonnement scientifique redevient la boussole. Le téléphone recule.

Autrement dit : l’environnement se remet en place pour que votre enfant puisse réussir en sciences. Encore faut-il qu’il en profite. Et c’est là que vous, parent, avez un rôle décisif : garantir le cadre à la maison, agir dès les premières difficultés, ne pas laisser une lacune se transformer en mur.

Ne laissez pas vos enfants subir cette rentrée. Faites-en un point de départ.

Bonne année scolaire à toutes et à tous, et surtout, beaux progrès en sciences.

Pour un accompagnement personnalisé en mathématiques ou en physique-chimie, de la 3ème à la Terminale (et au-delà), retrouvez tous nos cours et formations sur sciencespro.eu.

Anite BERTRAND ; Gaël BERTRAND

Co-fondateurs de Sciences Pro — Professeurs de mathématiques et de physique-chimie